Ouvrir une école de devaling
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Mieux que la vente directe de matériel, la location est le moyen idéal pour essayer le devaling.
Par ailleurs, la majorité de la clientèle n'ose pas s'élancer seule en haut d'une piste de ski.
Alors, la solution est simple: l'école de devaling.
Certes, l'idée n'est pas nouvelle: il suffit de faire comme pour le ski.
Devant l'intéret des utilisateurs, nul doute que les écoles de devaling en location se généraliseront
rapidement dans les stations de ski.
PRINCIPE :
Le principe de base de l'école de devaling est de facturer au client trois aspects de cette activité:
- Facturer d'abord le matériel proprement dit.
- Facturer en plus un service: le conseil.
- Facturer le plus longtemps possible.
Cette lapalissade semble évidente. Pourtant, il fallait la souligner, car elle est la clé de la réussite d'une
école de devaling.
LA SITUATION :
L'emplacement est primordial. Autant dire de suite qu'il est nécessaire d'avoir une "locomotive".
En clair, si vous ne voulez pas investir des fortunes en publicité, il faut etre à coté d'un passage important.
L'astuce est d'etre au bord de la route nationale. L'essai que nous ferons en 2004 au Col de Jougne à Métabief
sera significatif. La présence immédiate de la RN 57 en bas de la piste devrait provoquer une publicité automatique.
D'autres "locomotives" peuvent etre utilisées. Par exemple à coté d'un accro-branches, d'un ensemble sportif ou
d'un site naturel.
Il faut remarquer qu'une installation en centre de station de ski n'est pas forcément une bonne solution.
On constate, en effet, qu'en dehors des mois de juillet et aout, personne ne visite ces endroits. Le devaling étant plus
un nouveau sport qu'une attraction d'été pour touristes, il vaut mieux pouvoir disposer d'une clientèle
sur un période plus longue, de mai à novembre.
REMONTEES :
La solution idéale est de disposer d'un petit téléski et d'un télésiège.
Le premier servira à l'initiation, le deuxième pour les grandes descentes.
Pour etre utilisé de façon classique, le téléski ne devra pas avoir une vitesse supérieure à 1.2 m/sec et ne pas
dépasser une pente de 20%.
Au dela, il faut prévoir une adaptation des perches.
Eventuellement, pour obtenir une vitesse suffisamment basse, un variateur de vitesse est une solution idéale.
Le cout à prévoir est d'environ 1000 euros HT.
L'adaptation des perches est de 80 euros HT par perche.
Selon le nombre de perches et la pente à gravir, les deux solutions sont à étudier.
L'adaptation des perches consiste à remplacer la rondelle par un bras articulé. Cette solution, plus onéreuse,
permet une remontée sans difficultés.
PISTES :
Pour l'initiation, une petite piste verte convient. A noter toutefois qu'elle doit présenter une déclivité
suffisante (10% minimum). Une centaine de metres suffisent pour satisfaire les enfants et adolescents. Au dela,
la surveillance nécessaire devient difficile pour une personne seule.
Un balisage est conseillé pour délimiter des zones: Une zone de faible descente pour apprendre à descendre en ligne droite, une zone de
slalom pour apprendre les virages. Une petite zone d'une dizaine de metres à coté du départ est aussi trés utile:
elle permet de prendre contact avec le maniement du dévaleur sous les conseils du préposé à la remontée.
Pour les grandes descentes, une piste bleue convient. L'idéale est qu'elle soit assez large et avec des pentes
variées sur cette largeur. L'utilisateur peut alors choisir lui-meme son niveau de difficulté.
LES COURS :
C'est le point essentiel. Je le répéte: la clientèle a peur d'utiliser un engin nouveau. Hormis les skateurs et
snowboardeurs confirmés, le reste de la clientèle a besoin de cours.
Deux niveaux de cours sont à prévoir:
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Pratiquer une simple séance d'initiation permet de rassurer le client.
La petite zone d'une dizaine de métres à proximité du téléski prend, ici, toute son importance.
Les conseils peuvent etre donnés par une personne non initiée au devaling. Il s'agit simplement de faire prendre
contact facilement avec le matériel. Les deux points essentiels à expliquer et corriger sont:
- Apprendre à descendre en ligne droite. Pour cela, il est nécessaire de louvoyer légèrement et en
permanence, comme le font les skateurs.
- Travailler la position sur le dévaleur: jambes fléchies, bras écartés. Pour avancer, se pencher vers l'avant,
pour freiner, se pencher en arrière.
Cette prise de contact peut etre faite par le responsable du téléski d'initiation. En clair, une personne seule
peut gérer le téléski et donner des conseils entre les remontées.
-
Donner des cours sur une grande descente.
La solution idéale est, comme en ski, celle du groupe de quelques personnes. Bien sur, il faut le moniteur compétent,
capable de montrer ce qu'il faut faire ...
Le cours portera sur la correction des points cités prédemmment avec une prise de vitesse. On constate, en effet,
que la difficulté principale est de franchir une vitesse limite. Tout le monde parvient à effectuer les gestes
essentiels à vitesse réduite, mais dès que la vitesse augmente, la peur intervient et la descente en marche du dévaleur est immédiate.
En fait, on peut définir cette vitesse limite comme étant celle à laquelle l'utilisateur est capable de courir.
Il sait inconsciemment qu'il peut descendre en marche et courir à coté du dévaleur.
MATERIEL :
Un choix de 60% de dévaleurs juniors et 40% adultes semble etre le bon.
Un total d'un dévaleur pour 3 perches de téléski semble raisonnable.
Pour l'initiation par une personne seule gérant aussi le téléski, un maximum de 10 dévaleurs permettra un bon rendement financier.
Pour l'utilisation en grande descente et télésiège, pas de limite à prévoir.
TARIF :
Les essais de Mouthe ont permis d'élaborer une tarification idéale.
Par exemple, pour une piste de 100 metres, le tarif 2004 sera:
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Juniors:
5 euros la séance d'initiation comprenant 10 minutes d'essais libres en bas de piste et deux remontées.
7 euros les 10 remontées.
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Séniors:
9 euros la séance d'initiation comprenant 10 minutes d'essais libres en bas de piste et deux remontées.
10.5 euros les 10 remontées.
Pour les grandes descentes, le tarif dépend directement de la longueur de la piste.
Un tarif à l'unité et par 5 descentes devrait satisfaire la clientèle.
CHIFFRE D'AFFAIRES :
Pour etre rentable, ce genre d'activité doit générer par personne un minimum de 4000 euros TTC mensuels sur les périodes estivales.
Avec un pourcentage de 5 jours de pluie sur un mois, on obtient 160 euros par jour.
Ce chiffre semble tout à fait raisonable: Par exemple, pour la piste d'initiation, 10 clients en une journée générent chacun une moyenne
de 12 euros en junior et 19.5 euros en adulte, soit un total de 120 à 195 euros par jour.
Bien sur, tout dépend du nombre de clients journaliers. On voit, ici, l'importance de la situation géographique et de
l'importance du nombre de personnes passant "par hasard".
On constate à ce sujet quelques remarques typiques:
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Ne pas hésiter, en début de journée, à faire tourner gratuitement quelques ados du coin. La clientèle veut voir
avant de participer.
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Les jeunes n'essayent qu'à plusieurs. Un adolescent n'osera pas tout seul.
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Les parents accompagnés d'enfants de 10/12 ans sont les meilleurs clients. Les enfants essayent d'abord. Ensuite, le pére
(en général 40 ans) voyant l'engouement des enfants essaye à son tour, pour se prouver qu'il est encore jeune et sportif. Et quelques fois, la mère aussi, si elle est
un peu sportive.
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Les groupes sont aussi trés intéressants: Il est fréquent de voir des moniteurs en ballade avec un groupe de cinq ou six
enfants. Il est nécessaire, dans ce cas, de faire un prix d'appel: l'occasion est trop bonne de faire tourner
un nombre suffisant de personnes pour attirer les autres.
DUREE :
Le devaling n'est pas une attraction pour touristes. Il s'agit d'un nouveau sport pouvant se pratiquer 8 mois
par an.
Certes, une école de devaling fera 80% de son chiffre d'affaires comme attraction pour touristes durant les mois
de juillet et aout.
Mais son but est de fidéliser la clientèle.
De ce fait, une ouverture chaque week-end est indispensable durant toute la saison sans neige. Progressivement,
cette solution permet de vendre du matériel aux passionnés et de les voir régulièrement se tester entre-eux
sur les pistes. L'organisation de compétitons locales est à prévoir pour entretenir le développement de ce sport.